Retrouvez ici, toutes les infos, évènements et faits marquants de la vie montreusienne. La Commune de Montreux, célèbre dans le monde entier, se situe sur la rive est du lac Léman, bénéficiant d’un micro-climat au centre de ce que l’on appelle la Riviera vaudoise.
Quentin Talon, conseiller communal membre du mouvement décroissance alternatives (da), est le premier citoyen de Montreux pour un an. Une charge de président du corps délibérant loin d’être honorifique.
Propos recueillis par Christophe Boillat
En ce début de nouvelle législature 2026-2031, et donc de changements dans les différentes strates des autorités de Montreux, la ville connaît un avatar sans-précédent. C’est en effet la première fois que da – la jeune formation la plus à gauche de l’hémicycle –, accède à la présidence du Conseil communal. C’est Quentin Talon (36 ans), par deux fois candidat à la Municipalité, qui occupe le perchoir depuis début juillet, et ce jusqu’au 30 juin prochain. L’élu – lire sa biographie ci-dessous – nous livre ses impressions et le labeur que la charge lui impose.
Vous êtes pour un an le premier citoyen de la ville. Que représente cette particularité pour un enfant de Montreux?
Pour moi, c’est avant tout un travail à faire de manière consciencieuse. Il y a quelques années, je ne connaissais pas ce statut. Je ne crois pas que ce soit un honneur connu en dehors des citoyens qui s’intéressent à la politique. Pour les célébrations du 1er-Août, j’ai prononcé mon discours à un pupitre le long des quais. Mais je crois que très peu de personnes l’ont écouté (rires, ndlr).
C’est la première fois que votre formation accède à ce statut. Est-ce particulièrement symbolique ou simplement logique au vu des dernières élections qui vous ont porté puis maintenus au Conseil communal?
Je dirais plutôt que c’est l’usage qui veut qu’il y ait un tournus entre partis et que le tournus tombe sur notre groupe à ce moment-là. Rien de bien particulier.
Est-ce que les nombreuses célébrations, soirées honorifiques, remises de prix qui vous incombent durant ces 12 mois sont de nature à vous plaire? Ou les présiderez-vous de manière un peu contrainte?
Les différentes et très nombreuses représentations sont évidemment chronophages, mais chaque invitation que je reçois m’inspire. Je dois ensuite jongler avec mes obligations professionnelles et ma vie de famille pour pouvoir les honorer au mieux.
Que représente pour les béotiens, la charge durant 12 mois de président du Conseil communal?
C’est un travail très conséquent pour lequel la rémunération sur l’année est de 7000 francs. J’ai pu commencer à m’y familiariser l’an dernier en ma qualité de vice-président. C’est beaucoup d’administratif et d’échanges quotidiens de mails. Pour l’instant, j’ai surtout de la gestion de ressources humaines à effectuer. Le bureau compte principalement la secrétaire du conseil, la secrétaire suppléante, les deux huissiers et l’aide administrative qui sont employés d’une manière ou d’une autre par le corps délibérant. Mais il y a aussi, les cartes de vote à commander, les différentes listes à mettre à jour vis à vis des différents partenaires. Ou encore la tenue du bureau électoral durant les votations et élections, même si c’est une employée de la Commune qui en assure tout l’organisation. Et c’est très bien ainsi. Le jour d’une votation, il incombe au président de décider si un bulletin est valable ou doit être rejeté.
De quelle manière le président d’un Conseil communal peut-il imposer sa marque – et/ou faire avancer les grandes idées pour lesquelles lui et son parti ont été élus – auprès du bureau du conseil, des commissions, lors des débats durant les séances du délibératif?
Par sa fonction, le président du Conseil a un devoir de réserve vis-à-vis de ses propres idées politiques. Ensuite, j’ai quand même un certain style personnel qui surgira inévitablement à un moment ou un autre durant mon année de présidence (sa première séance, qui, rappelons-le, est publique, est agendée au mercredi 9 septembre, ndlr) . Mais cette charge n’a pas de poids politique fort.
A-t-il la possibilité d’influer sur les projets de la Municipalité? Peut-il par exemple faire avancer un préavis ou retarder une réponse à un postulat?
Non. Il ne peut en rien contraindre la Municipalité. Il peut demander qu’un objet soit éventuellement reporté à la prochaine séance en cas d’ordre du jour trop chargé. Il doit rappeler certaines règles du jeu aux collègues conseillers communaux, notamment en matière de rédaction de textes d’interpellation, motion ou postulat par exemple. Il a la possibilité de demander conseil aux services cantonaux concernés ou au préfet du district, via un avis de droit, pour éviter de possibles litiges ou du respect de la loi.
Montreux est considérée (à tort?) comme une ville très riche, axée principalement sur le tourisme et ses retombées économiques. N’est-ce pas antinomique que l’un des deux pouvoirs de la ville soit présidé par un militant d’extrême-gauche?
La population de la commune n’est pas spécialement riche. Quant au conseil communal, il représente tous les électeurs et donc la variété de leurs opinions.
Le quartier de Clarens, « ville dans la ville », avec ses plus de 10’000 habitants, est-il le parent pauvre de la prospérité montreusienne?
Je fais la pédagogie de la différence de dénomination de la « Commune » pour Montreux, vis-à-vis de la « Ville » de Montreux. Ce sont souvent deux termes utilisés de manière erronée. Par exemple, on parle de 3 e plus grande Commune du Canton, alors que c’est juste la 3e plus peuplée.
Je ne sais pas si statistiquement Clarens est une zone plus pauvre que le reste du territoire, mais ça ne serait pas étonnant que ce le soit. Ensuite, sur l’attention portée par les autorités sur Clarens, ce n’est pas mon rôle de président d’analyser cette situation. Mais vous pourrez me redemander dans un an ce que j’en pense…
Le président en bref
Quentin Talon est né à Châtel Saint-Denis, le 22 novembre 1989.
Après avoir suivi l’école obligatoire à Montreux, il décroche un CFC de laborantin en physique dans un laboratoire de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il enchaîne sur une maturité professionnelle technique, puis une passerelle pour l’EPFL. Il y obtient là un bachelor.
Le premier citoyen de Montreux décide alors de couper et sillonne l’Asie avec sa compagne Florine Dériaz. Au retour, Quentin Talon enchaîne sur un master en ingénierie physique. Il travaille trois ans dans l’industrie avant de suivre les cours de la Haute école pédagogique sur deux ans. Le conseiller communal a enseigné l’informatique à Morges. Il est depuis trois ans professeur de physique au gymnase de Burier à La Tour-de-Peilz, au bénéfice d’un contrat à durée déterminée.
Père de Louis, 2 ans, et Clarisse, 6 mois, le président du corps délibérant a été un membre actif pendant plusieurs années de l’EPFL Rocket Team, qui regroupe des passionnés d’aérospatiale. Il possède une licence de parapentiste, fut moniteur d’escrime et chef de groupe scout (Brigade Scanavin à Vevey). Pour s’aérer la tête et le cœur, il pratique la course en montagne (Montreux Trail Festival, Glacier 3000 Run).