Contes fantasmagoriques de Montreux

Des contes d’aventure, d’épouvante, d’amour à Montreux. Par Luciano Cavallini (membre Assoc. Vaudoise des Écrivains), basés sur des vérités, des légendes ou… l’imagination du conteur.
Derrière les paysages idylliques de Rousseau, il y eût des évènements que nos aïeux ont étouffés: de la romance, de l’angoisse ou de la nostalgie…

Paru le: 26/02/2018

Le Montreux de papa

témoignage historique.

À papa, travailleur de force émérite, bâtisseur des Suisses et de la Suisse.

“Toute retransmission négligée devient une partie de l’Histoire tronquée, une bibliothèque ruinée avec des descendants incultes et apatrides.”

Papa s’assit devant le débarcadère de Montreux et regardait là-bas, vers le fond accidenté de la vallée du Rhône. Sur la Place du Marché, les antennes des autos-tamponneuses crachaient leurs étincelles en même temps que la voix blanche de Salvatore Adamo.

Qui était italien, lui aussi.

On voyait aussi émerger l’élégant arrondi du cinéma Apollo, par dessus le bastringue.

C’est alors que je lâchais:

– Tu regardes souvent vers l’Italie? Elle te manque beaucoup?

Mais il ne répondit pas. Pas immédiatement. Il avait l’air de Belmondo en train de fomenter une galéjade. D’ailleurs physiquement il lui avait toujours ressemblé. Au plus près encore, dans “L’inconnu dans la maison” de Georges Lautner. Une histoire de père et fille aussi, loin d’être anodine. Même dénominateur commun: la bouteille. Il alla juste ficher une pièce de monnaie dans l’automate chromé du débarcadère de Montreux qui distribuait des pastilles à la réglisse. Ces pastilles rondes qui tachaient les poches, avec un paquet de Gauloises bleues sans filtre. Il le fit en s’éveillant. Gourd. En joignant le geste à la parole comme d’autres joignent les mains pour prier.

Il a toujours senti le vin rouge et la cigarette, papa.

Au matin, quand il m’éveillait, ça cognait déjà la cendre froide et le rugueux de sa joue ponçait la tendresse au papier de verre.

Je le regardais les choper les unes après les autres, sans filtre, de ses grandes mains abîmées par les travaux forcés, commencés à peine quand il n’était plus un enfant.

Un planton précoce qu’on aurait écartelé avec des doigts inquisiteurs, pour qu’il monte plus vite en herbe.

 

– Qu’est-ce que je serais devenu là-bas, hein? La seule chose que j’aie faite de grandiose et qui avait du sens pour moi, c’était de pisser sur le cadavre de Mussolini et sa Petacci, suspendus par les pieds à des crochets de boucherie, sur la piazzale Loreto di Milano.

– Il n’empêche qu’elle te manque, la Botte.

– La Botte… Elle ferait bien de shooter une fois pour toutes cette Sicile du côté de la Libye! Celui qui a pourri l’Italie est crevé. Il reste les autres, ces faignants de terrones. Le sud a toujours pourri l’Italie. Elle est tournée à l’envers la pauvre, on devrait avoir le bon côté à leur place et eux la peuffe. La pointe et le talon au nord, avec les Pouilles. Ils ont juste l’avantage d’être moins hypocrites que l’état et de rendre justice à ciel ouvert, alors que l’état, ça te baise dans le dos. C’est la seule qualité que je reconnaisse à Cosa Nostra. Le fait est que ces terreurs du sud, à Vérone, on leur laisse même pas ouvrir un alimentaire, même pas le plus minable des bars tabacs. Il y en a pas un seul qui s’installe chez nous, de ces fumistes! Un Dalla Chiesa, Falcone et Borsallino, ils seraient devenus deux fois centenaires à nos côtés. Je te le dis moi!

– Oui mais tes cousins? Ta mère? Tu en fais quoi, alors?

– Mes cousins ont leur vie et ma mère la sienne. Elle fait des ménages et tire ses ronds de côté. Comme avant la guerre. Comme pendant la guerre. Comme après la guerre. Pour elle c’est mieux que je sois en Suisse, elle croit que je gagne des millions, elle croit que les Suisses sont bâtis d’or massif, qu’on se le ramasse comme la grippe, alors pour elle, tu vois, j’ai réussi. Sa vie n’a jamais changé. Elle est toujours dans ses champs de pastèques, c’est toujours le rationnement, les paludes du Pô traînent une éternelle purée de pois, elle en sort jamais, sans jamais s’enrhumer ni broncher. Elle m’a lâché comme ça, un matin, sur un coup de tête, dans un seau de fer blanc, avec le cordon qu’elle a coupé avec les dents. Puis pissant le sang sur les cuisses refermées vite fait à vif, elle est retournée aux labours, ni vu ni connu, avec un verre de grappa dans le coffre comme remontant. C’est une tante qui a ramassé le seau paraît-il, après je sais pas.

– Oui mais Vérone c’est Vérone! Quand on dit qu’on vient de là-bas, ça en jette en masse!

– Je ne connais que la gare et les bars à putes, le canal à ciel ouvert qui dégageait ses miasmes devant la fenêtre de la cuisine placée très haute, comme celle d’une prison. On voyait juste cracher la flamme de l’usine à gaz dans un coin du cadre, c’est tout. La nuit, elle s’accommodait de cette clarté jaunasse sulfatant un teint pisseux sur toute la pièce. Pour économiser. Ça reluisait sale comme qui dirait. Je sais aussi que parmi toutes les tires pipes que j’ai attrapé dans le quartier, à part ta mère, ce sont les seules qui ont eu du coeur avec moi, “pochristo.” Elles me donnaient même à bouffer quand y avait plus rien à la baraque. Disons autre chose que du pain milanais trempé dans le vin rouge.

Son visage se tordait en tous sens, comme des spasmes d’électrochocs. Ça devenait lourd.

Je me risquais encore.

– Sauf qu’avec ta mère ça gueulait toujours et si c’était pas ça, tu t’ramassais des sacrées trempes au ceinturon!

– Elle a une sale tronche mais c’était une travailleuse. Il fallait bien. Depuis que mon père était rentré des camps de prisonniers russes et que, pour pas crever de froid, ils se délavaient tous à la vodka. Il n’avait plus jamais pu travailler normalement en rentrant de là-bas. Ses pieds avaient gelé en Sibérie. Il vivait sur sa pension de guerre. Un godet de vin rouge et un paquet de tabac Garibaldi pour toute dépense. Ça ne giclait pas plus loin. Pour le reste, il demeurait assis sur le bord du lit, le regard enchâssé. Je crois pas qu’il voyait le temps passer. C’est le temps qui l’avait piétiné.

Une espèce de coma chronique, le clouant sur place avec au-dessus de lui un tableau électrique du Christ en plastique et relief, éclairé de l’intérieur.

Gethsémani devenait un dépotoir d’édredons et le Graal un verre opaque culotté de souillures écarlates.

Je poursuivais, en marchant sur des oeufs.

– Ça te suffit? Tu aurais pu devenir un super musicien, toi qui avais commencé le conservatoire…

– Je voulais devenir mécanicien sur bolides de course. On a surtout eu les boches au cul, la guerre, ceux de la haute pour tout reprendre, on a toujours eu quelque chose qui venait faire chier. Ce qu’il fallait vraiment avoir pour s’en sortir, on l’avait jamais: le flouze.

– Pourtant tu es italien, tu ne pourrais pas l’être plus et quand tu es à Villimpenta avec tes cousins, quand on y retourne en vacances, alors tu es comme un poisson dans l’eau, tu redeviens musicien et joyeux, ton sang bouillonne, tu gesticules en tous sens! Ici c’est bien, tu as du boulot mais tu t’épuises, tu t’éteins. Les Vaudois n’ont pas de fantaisie et ils t’affadissent, t’enlèvent le goût, la couleur, l’odeur et les saveurs de l’existence.

– L’existence, c’est quoi? Y’a pire. Y’a ceux qui sont partis en Allemagne, ou qui n’en sont pas revenus après la guerre ou qui ont trouvé une queubi à tresses blondes vers laquelle ils se réveillent tous les jours, chaque matin, avec un plat de patates et du cochon grillé. Puis sans la Suisse tu sais… J’en serais où? On peut pas revenir en arrière. C’était trop moche. J’ai plus le choix. Pis rappelle-toi bien d’une chose quand-même et n’oublie jamais ce que je vais te dire: “On a le droit de critiquer l’assiette mais en aucun cas celui de cracher dans la soupe.”

– Tu oublies la bière avec les fritz. C’est indissociable. Ils devaient pomper sec, en bataillons!

– Ça c’était quand ces charognes allaient à leur cantine, se saouler comme des porcs et se pisser parmi.

– Oui, on vient de dire qu’ils bouffaient du cochon.

– Qui se ressemble s’assemble.

– Tu les détestes!

– On en a trop vu avec la guerre, quand ils nous prenaient tout ce qu’on avait dans la ferme. Il y en a un, un seulement pendant toute cette période, qui trichait, mais il avait peur de se faire choper. Il essayait de nous ramener un maximum de trucs en douce. Il nous disait qu’il était pareil à nous tous, qu’il serait mieux chez lui avec sa femme et ses gamins, en Allemagne, en paix, qu’il n’avait pas demandé à venir faire la guerre ici, mais qu’il n’avait pas eu le choix non plus. Un jour, on l’a retrouvé avec une balle dans la tronche, au pied des fossés de la forteresse de Villimpenta.

– Mon Dieu…

– Dieu? Non. Sûrement pas à cette époque. Il était aux abonnés absents! Dorf – c’était son nom – Dorf ne voulait pas participer au peloton d’exécution qui a liquidé le comte possédant les terres pour lesquelles la famille bossait.

– Fusiller un comte, mais pourquoi donc?  Il devait plus vouloir arroser les gradés.

– Non. Il était juif. J’ai hérité de son âne.

– Ah… Et l’âne qu’est-il devenu

– Je ne sais pas, on s’est expédiés à Milan, car depuis on ne pouvait plus travailler, alors ils nous ont expulsé en brûlant la ferme. Il a mieux fini que nous, ou plus vite, qui sait?

– Quelle saleté.

– Depuis les boches, quand ils viennent par car entier à Montreux, rien que d’entendre cette saloperie de langue, ça me donne encore plus l’impression de ne pas avoir pu tous les flinguer! On leur jetait des pierres au sommet des murs. J’ai aussi balancé ma maîtresse d’école dans la fosse à purin, car cette salope elle couchait avec tous les schleus en prenant même pas la peine de se planquer. On pourra jamais, jamais une seule fois rendre la monnaie de leurs pièces à ces salopards. Jamais avoir une revanche complète contre tous ceux qui ont bousillé nos vies, notre jeunesse, nos enfances.
Milan, c’était noir, sale, bruyant, bourré de fascistes et de brumes industrielles, de trains qui partaient pour les camps. On entendait les gens hurler à l’intérieur des wagons à bestiaux et les essieux gémir dans la nuit, entre deux gares de triage, surtout celle de Via Brembo, où on logeait. C’était la plus lugubre celle-là. La plus moche. C’est pour ça que je me suis pas privé d’aller chier et pisser sur le cadavre du Duce, Piazzale Loreto. Tu comprends maintenant?
À Montreux, il y a le lac. Ça me rappelle les îles du lac Majeur, je ne sais jamais leurs noms à celles-là, j’oublie toujours…

 

J’avais aussi des miens, à Monte Cassino. Mon oncle Bruno. Il racontait  comment c’était les massacres, bien plus tard, quand j’étais devenu caporal, puis aux autres gosses qui faisaient l’armée en même temps que moi. Tout y passait. Il faisait plus gaffe de trier. Il expliquait  l’odeur de la poudre et du sang, celles des entrailles qui pétaient avec toutes leurs merdes à l’intérieur, alors tu parles de la Suisse gamin, tu parles… Ça c’était les contes de fée qu’on te balançait le soir avant de t’endormir.

J’ai aussi vu les curés se ramasser les privilèges des envahisseurs. Il y en a un à qui j’ai foutu son vin de messe à la gueule avec son plateau et ses hosties, en pleine cérémonie. Cette hypocrisie de clergé qui léchait les bottes des teutons tout en suçant les clous du Christ… Le Christ ils le “recrucifiaient” tous les jours, c’était les premiers à le balancer encore et encore. Je t’en foutrais, moi, de leur église et leur saloperie de religion! Ça confessait en même temps que ça vendait son petit juif au plus offrant, avec les ânes et les poulets! Des ordures, tous des ordures! Ils s’engrossaient en tas comme des melons sur du fumier.

Mieux vaut être ici à monter les maisons des Suisses, qu’à se ramasser  tous les jours là-bas, dans le bide, les saloperies de la guerre, revoir sous les yeux les ruines physiques et morales minant encore mon pays, mes souvenirs, tous intacts, de Sesto Calende à Viserba!
Quand je suis arrivé là, le premier jour, à cet institut de jeunes filles de Territet, j’avais l’impression de quitter un champ de mines pour crécher dans un palace, même s’il fallait faire le torchon et se la coincer pour cinq francs suisses de l’heure, c’était rien à comparer du reste, aux trempes qu’on a jamais plus pu flanquer aux fridolins et aux notables de collabos.

– Mais papa… Le pays, ça reste le pays non?

– Au pays, il reste maman et basta. Même que c’est un moulin à paroles et une piorne, elle est brave. Comme ta mère.

– Oui mais le matin, quand tu avais douze ans, elle te tirait des coups de pieds au cul pour te butter hors du lit. Tu devais soulever des sacs de ciment, monter des murs, pour trois fois rien, pendant qu’elle se tuait à faire des ménages.

– Non, elle était encore bien lotie par rapport à d’autres. Elle travaillait pour la Signora Lia. Celle qui se faisait appeler “La Ballerina” et qui était entraîneuse. Son mac faisait partie de la mafia romaine. Il s’en cachait pas d’ailleurs, même qu’il s’en trouvait très fier.  Quand ta mère vivait à Milan avec moi, elle faisait des courses pour lui. Il lâchait des sacrées billes! Je la suivais à distance avec la “Vespa” pis, au retour, on traînait en ville. On avait pas de quoi s’acheter grand chose, ça aidait un peu. On n’était pas difficile, tu penses bien! Un cappuccino c’était déjà la fête! Si la mama avait su ça, elle nous aurait flanqué une sacrée dérouillée, c’est sûr.

N’empêche que la Ballerina et son mac, ils ont toujours été bons avec nous. Ils nous refilaient du flouze en douce pour qu’on s’amuse. Après, changement de programme…

 

Les Suisses, quand on est arrivé à Brigue, ils nous ont foutu à poil dans des baraquements de bois les uns derrière les autres, on avait les bites des précédents dans le cul et la tienne dans celui du gars qui se trouvait juste devant nous. C’était vraiment de la queue leu leu. On était considéré comme des pestiférés; ils nous désinfectaient et nous vaccinaient, à la seule différence des boches c’est qu’en cinquante deux, t’avais plus de chambre à gaz…

 

Le lac étincelait sur Montreux par monceaux. Des éclats de voies fluviales créés par les alluvions.

Papa, en chemise blanche et pantalon à plis, les cheveux noirs geai, semblait sorti du film “À bout de souffle”, de Jean-Luc Godard.

Avec Belmondo. Aussi.

Parce que c’était dimanche.

Il avait morflé, il continuait de morfler dans les vapeurs d’alcool, son compagnon de misère avec sa cocotte efflanquée, sa bleue Gauloise. Puis il y avait maman qui attendait. Une châtain, elle.

Pourtant le canton l’adoucissait. Il y avait cette monotonie, ce calme, cette pondération neurasthénique habituelle de lumière s’épandant comme un vernis visqueux sur le paysage, l’uniformisant, puis ce manque de tempérament qui, pour lui, déposait comme un baume sur ses plaies.

Il en avait construit des maisons, qu’est-ce que cela en avait représenté, des levés de forçats dès l’aube, depuis l’âge de 12 ans jusqu’à 70 bien tassés.

Le travailleur de force n’avait jamais cessé de bosser, incompris du plus grand nombre, rejeté par la famille puritaine, du moins au début. Ceux de Chernex vivant dans leurs tas de sable démoulés d’un seau, avec des trous en guise de meurtrières. C’était pas du sophistiqué côté architecture, ils n’avaient pas connu la Renaissance là-haut, ça restait du rustique et sommaire.

Une immigration difficile. Un mauvais métrage, avec une amorce aussi longue que le reste de la pellicule.

Il avait morflé Lino, il avait toujours franco posé sa paie sur la table, d’un geste sec et plein, en disant à maman: “tiens, c’est toi qui gère, prends ce dont tu as besoin pour toi et le gamin, mais laisse-z’en moi un peu pour un café.”

 

Honnête comme un Italien qui siffle et qui se lave au savon de Marseille les jours de fête. Avec son marcel, sa corne, sa croix et la vierge suspendue à la chaîne en or d’un pendentif, enlisé entre les poils du torse, oui, c’est comme ça que je le voyais, papa, fort, puissant et protecteur. Qui restait un peu trop avec les copains le soir pour boire, qui aimait la danse et les guinguettes, l’accordéon sous les lampions, mais qui ramenait sa paie même sous les relents éthyliques le rendant souvent violent.

Il avait morflé loin de son pays, loin des siens, loin de ses cousins qui considéraient quand même tous qu’il avait trahi, en abandonnant l’Italie et la famille.

On ne tourne pas facilement le dos à Venise et à Vérone, d’une civilisation qui, en pleine apogée, voyait le nord de l’Europe se gratter encore les poux au bord du Rhône, du Rhin ou du Danube et vivre dans de la pierre mal dégrossie.

Nous étions loin d’avoir des berges aussi florissantes que l’Arno ou l’Adige.

 

Papa, sa famille, c’était la besogne et quand il est arrivé ici, on ne lui avait rien épargné, rien donné, il était juste venu pour bosser et se la coincer, on ne leur déroulait pas le tapis rouge aux ritals.

Ils étaient tous des immigrés bâtisseurs de casas.

Toute la différence se trouvait là.

Le Montreux de papa c’était le royaume d’où il avait trouvé sa princesse. Elle l’aimait surtout parce qu’il savait bien danser et que ça faisait la nique aux puritains de la ville; oui maman le retenait, en robe de noce, celle avec laquelle elle était descendue pour la dernière fois d’un char de la Fête des Narcisses.

Des petites gens, des bons, des ceux qui ont du coeur et du vague à l’âme, accoudés contre une table de bistrot, devant un cendrier Ricard et un pichet Martini.

Désormais entre Montreux, Territet et Villeneuve.

Là où partout c’était maintenant bien gentil par apport à tous ces vulnérables.

Jusqu’à la Fondation Rive-Neuve.

Au point final.

 

© Luciano Cavallini, membre de l’Association Vaudoise des Écrivains (AVE) & MyMontreux.ch – février 2018, pour: “Contes fantasmagoriques de Montreux”, “Le Montreux de papa” – Tous droits de reproduction, même partielle, réservés.