Le célèbre photographe veveysan a documenté pas moins de 47 des 60 éditions de ce grand événement montreusien. Mais ce n’est pas tout…
Texte Christophe Boillat- Images Edouard Curchod
Edouard Curchod a capturé certains des plus beaux moments du FJM. De nombreuses photos emblématiques se trouvent dans un livre fraîchement publié par les Editions Call Me Edouard, sous la direction de Patrick Moser. Cette œuvre, qui compte 378 pages, présente plus de 400 clichés, tous accompagnés de légendes et de commentaires en français et en anglais.
En tant que témoin privilégié de l’événement fondé par Claude Nobs en 1967, le photographe-reporter a assisté à plus des deux tiers des éditions de ce festival mondialement reconnu. Ses images illustrent son livre tout autant que celles contenues dans les quatre volumes de Live in Montreux, une anthologie du festival réalisée par le FJM. Il a également contribué à l’illustration de nombreux livrets de DVD de musiciens ayant performé à Montreux, y compris celui du coffret souvenir regroupant les dix performances de Miles Davis.
Présent dans les salles, dans les coulisses, dans les passe-plats… et même dans le jardin du Picotin, le chalet de Nobs à Caux, Edouard Curchod a immortalisé les icônes, ainsi que les étoiles montantes et souvent le public, dans des ambiances magnifiques.
«J’ai trinqué avec Ringo Starr (ndlr: batteur des Beatles) au bar des musiciens avant de lui faire un portrait. J’ai photographié Jermaine Jackson (ndlr: frère de Michael, également artiste), avant de le conduire dans ma Land Rover peinte par Keith Haring. Et d’autres rencontres extraordinaires, mais c’était mon quotidien. Ce qui me plaisait surtout, c’était de rencontrer des gens, de saisir des moments clés d’une situation. Et il y en a eu d’innombrables. J’adore vraiment photographier au festival», résume le reporter.
Entre rires et écharpes
Avec sa grande taille d’environ deux mètres, ses cheveux et sa barbe blancs, portant d’imposants appareils photo et objectifs, le photographe est inratable à Montreux. Et donc pas uniquement pour le «Jazz». Il a également beaucoup mitraillé le Festival du Rire, qui était à l’origine le Festival de la Mâchoire d’Or à Vevey, puis qui a été repris par Grégoire Furrer à Montreux, le transformant en Montreux Comedy avec le succès que l’on connaît.
Au bord d’un terrain, dans les rues, à l’Alcazar de Territet, au Petit-Palais avec Mikhaïl Gorbatchev, lors des essais du premier trolleybus de la Riviera, au Symposium international de télévision, face à Miss Riviera, ou en assistant à l’arrestation du militant écologiste Franz Weber, Edouard Curchod a fixé la vie quotidienne à Montreux. Parmi ses incontournables annuels, figure le défilé de la Noble abbaye des écharpes blanches. On peut voir sur une photo les membres en mouvement, dont un seul se tourne vers l’objectif. il s’agit de Jean-Jacques Cevey, d’abord rédacteur en chef du Journal de Montreux, puis syndic de Montreux. L’édile PLR a également été député vaudois et membre du Conseil national, dont il a fut le président en 1987.
Né en 1951 à Vevey, Edouard Curchod a été en 1973 le premier chef photo de L’Illustré. Il a aussi travaillé pendant des décennies pour 24 heures comme reporter indépendant. En 60 ans de carrière, il a pris, mais surtout accumulé des millions de photos. Ses archives constituent un trésor mémoriel considérable pour Montreux et sa région.
À noter: « Argentique – Photos, reportages, collections» d’Edouard Curchod. Editions Call me Edouard. 376 pages, 49 francs.